Vous vivez avec une maladie chronique et vous avez peut-être déjà travaillé sur votre alimentation, votre sommeil, votre stress chronique, vos émotions…
mais une zone essentielle reste souvent ignorée : votre bouche.
Cet article vous aide à comprendre pourquoi la bouche et les dents ont un rôle important dans les maladies chroniques et auto-immunes et comment agir concrètement.
Sommaire de l’article
La bouche, carrefour oublié des maladies chroniques
La bouche est un écosystème vivant.
Elle abrite un microbiote complexe, des racines dentaires, de l’os, des milliers de terminaisons nerveuses et un réseau sanguin très dense.
Chaque déséquilibre local (infection, inflammation, surcharge bactérienne) libère des substances qui circulent dans le sang et exercent un effet direct sur d’autres systèmes du corps : système nerveux, digestif, hormonal…
Chez une personne atteinte de maladie chronique, cette charge inflammatoire s’ajoute à un terrain déjà sensible et entretient le cercle vicieux de l’inflammation chronique.
Parodontie : une porte d’entrée vers l’inflammation chronique
La parodontite est une maladie inflammatoire des tissus qui entourent et soutiennent les dents.
Elle commence souvent par des gencives qui saignent ou deviennent rouges, puis progresse lentement en profondeur, jusqu’à la perte d’attache osseuse.
Sous la surface, des poches se forment entre la dent et la gencive. Elles piègent les bactéries, les toxines et les débris.
Des bactéries pathogènes comme Porphyromonas gingivalis, Tannerella forsythia ou Treponema denticola peuvent passer dans le sang, atteindre d’autres organes et entretenir une inflammation généralisée. Le système immunitaire reste mobilisé en continu.
Des études ont confirmé le lien entre parodontite et plusieurs pathologies :
- Diabète instable
- Maladies cardiovasculaires
- Maladies inflammatoires de l’intestin
- Troubles articulaires
- Polyarthrite rhumatoïde,
- Alzheimer,
- Obésité résistante
Les causes sont multiples :
- Un brossage inefficace sans fil ni brossettes interdentaires
- Une alimentation pauvre en vitamines (C, D, K2, A, B) et minéraux (calcium, magnésium, silicium)
- Un microbiote intestinal déséquilibré (le microbiote intestinal communique avec le microbiote buccal)
- Une hyperméabilité intestinale qui entretient une inflammation systémique
- Une surcharge hépatique : le foie élimine certaines toxines par les tissus buccaux
- Des maladies chroniques comme le diabète ou les syndromes métaboliques qui perturbent la régénération des tissus.
- Certains médicaments (antihypertenseurs, immunosuppresseurs, antiépileptiques) modifient la qualité des tissus gingivaux
- Des matériaux en bouche (couronnes, implants) peuvent stimuler une réponse inflammatoire locale
- Le tabac
- Une consommation excessive d’alcool
Les amalgames au mercure
Les anciens plombages gris, appelés amalgames, contiennent du mercure.
Ils ont été utilisés pendant des décennies pour leur solidité et leur faible coût.
Avec le temps, ils libèrent de petites quantités de vapeur de mercure, qui passent dans la circulation sanguine.
Le mercure est un métal lourd reconnu pour sa toxicité neurologique et rénale.
Dépose des amalgames : un protocole strict s’impose
Retirer un amalgame sans précaution peut libérer une grande quantité de mercure qui sera absorbée directement par l’organisme.
Cette intervention doit suivre un protocole strict appelé “dépose sécurisée” :
- Digue posée autour de la dent
- Aspiration à haute puissance avec irrigation constante
- Masque à charbon actif pour le patient et le praticien
- Fraisage lent et ciblé pour retirer l’amalgame en bloc
- Protection des yeux, du nez et de la gorge
- Prise de charbon actif juste avant et juste après la séance
- Cure de vitamine C et de sélénium pour soutenir l’élimination
Les matériaux dentaires toxiques
Certains métaux utilisés en bouche (nickel, chrome, cobalt, titane) peuvent provoquer divers problèmes :
- des micro-courants électriques entre les différents alliages (appelés courants galvaniques),
- une libération de particules dans les tissus environnants,
- une stimulation continue du système immunitaire local.
👉 Pour vos couronnes et implants, préférez la céramique (et en particulier la zircone) qui sont considérés plus neutre avec moins d’interactions électrochimiques
Les foyers infectieux cachés
Les dents dévitalisées
Lorsqu’une dent devient trop douloureuse ou infectée, le dentiste peut proposer une dévitalisation.
Cette intervention consiste à retirer la pulpe : la partie vivante de la dent, qui contient les nerfs et les vaisseaux sanguins.
La dent contient des milliers de micro-canaux que le dentiste nettoie, désinfecte, puis comble avec un matériau étanche.
Mais en cas de dévitalisation mal faite ou incomplète, il persiste des micro-espaces dans lesquels les bactéries peuvent s’installer durablement.
La dent n’étant plus vascularisée, le système immunitaire ne peut plus intervenir.
Les bactéries s’installent durablement, produisent des toxines et entretiennent une inflammation silencieuse.
Cavitations
Les cavitations sont des zones de l’os de la mâchoire qui cicatrisent mal après une extraction, souvent au niveau des dents de sagesse.
L’os peut rester mou, mal vascularisé, et devenir une poche contenant des bactéries et des toxines.
Certaines études montrent que ces zones concentrent des molécules inflammatoires spécifiques, comme la cytokine RANTES/CCL5, associées à plusieurs pathologies auto-immunes.
Ces foyers ne provoquent pas de douleur aiguë et ne se voient pas toujours sur les radios classiques.
Les examens utiles
Radio panoramique
Elle montre l’état des racines, des couronnes, des dents dévitalisées ou incluses, et détecte d’éventuelles pertes osseuses
C’est la base pour repérer une infection invisible ou un foyer chronique.
Analyse du microbiote buccal (PCR)
Certains laboratoires proposent des tests PCR pour détecter la présence de bactéries pathogènes à haut risque comme P. gingivalis ou T. forsythia.
Utile en cas de parodontite résistante.
Cone Beam (CBCT)
C’est une imagerie 3D plus précise que la radio panoramique.
Elle permet de visualiser les zones suspectes : racines fracturées, foyers autour d’implants, dents dévitalisées, cavitations, lésions sous couronnes…
Les signaux qui doivent vous alerter
Certains symptômes méritent votre attention :
- gencives qui saignent,
- mauvaise haleine persistante,
- goût métallique,
- douleurs diffuses dans la mâchoire,
- fatigue récurrente malgré une bonne hygiène de vie
Comment améliorer sa santé bucco-dentaire ?
Il existe des gestes simples et accessibles pour prendre soin de votre bouche et réduire la charge inflammatoire.
Suivi régulier chez le dentiste
- Consulter un dentiste 1x/ an pour un bilan complet.
- Réaliser un détartrage régulier pour éliminer le tartre sous‑gingival.
Hygiène quotidienne
- Brosser les dents après chaque repas avec une brosse souple et une technique douce.
- Utiliser du fil dentaire ou des brossettes interdentaires une fois par jour.
- Nettoyer la langue chaque matin avec un gratte-langue en acier inoxydable pour limiter le biofilm bactérien.
- Boire régulièrement de l’eau pour maintenir une bonne salivation, essentielle à l’équilibre du microbiote oral.
Choisir des produits adaptés
- Évitez les dentifrices contenant du sodium lauryl sulfate (SLS), du triclosan ou trop de fluor
- Privilégiez des formules simples, à base d’argile, d’huile de coco, ou de plantes comme le clou de girofle, la camomille ou le xylitol (marques Dr Bronner’s, Pachamamaï, Georganics, Weleda)
- Éviter les bains de bouche du commerce qui perturbent l’équilibre de la flore buccale
- Bain de bouche maison : 1 cuillère à café d’eau oxygénée (10 volumes) + 1 cuillère à café d’eau. Garder en bouche 30 secondes, puis recracher.
À éviter sur le long terme ou en cas d’irritation. Demandez conseil à un professionnel.
Nutrition et micronutrition
- Réduire le sucre raffiné, carburant principal des bactéries pathogènes.
- Soutenir la santé des gencives avec la vitamine C, indispensable à la cicatrisation et au collagène.
- Optimiser l’immunité locale et générale avec la vitamine D et le zinc.
- Favoriser une alimentation riche en antioxydants (fruits colorés, légumes, oméga-3) pour apaiser l’inflammation.
Liste des dentistes holistiques
Certains dentistes dits “biologiques” ou “holistiques” intègrent la santé buccale dans une vision plus large du corps et de la santé.
Ils tiennent compte :
- des matériaux utilisés (et de leurs effets électrochimiques),
- de la qualité des soins (dévitalisations, extractions, cicatrisations),
- des foyers infectieux discrets (cavitations, poches parodontales),
👉 N’hésitez pas à me contacter pour avoir la liste de praticiens holistiques francophones.
Conclusion
La bouche influence directement l’équilibre immunitaire et inflammatoire, et peut peser lourd dans un terrain déjà fragilisé par une maladie chronique ou auto-immune.
Dans le parcours infections froides Nahé, un module complet vous guide pour agir concrètement sur ce levier souvent négligé.
Sources
- Prevalence of periodontal disease, its association with systemic diseases and prevention ( 2017)
- Oral Microbiome: A Review of Its Impact on Oral and Systemic Health (2024)
- Oral microbiota in human systematic diseases (2022)
- Association between periodontal disease and systemic diseases: a cross-sectional analysis of current evidence (2024)
- Site du dr michaelbaylin